La résistance au parc Gezi, situé sur place Taksim, (dans un premier temps, une réaction de colère des habitants) qui se poursuit depuis plusieurs jours, s’est transformée en mouvement populaire le vendredi, 31 mai. Lorsque la police a délogé vendredi matin des protestataires qui campaient dans le parc pour s’opposer aux travaux d’arrachage de plusieurs arbres, la réaction de rejet s’est transformée en mobilisation contre le gouvernement et sa dérive autoritariste. Des affrontements se sont à nouveau produits samedi, lorsque plusieurs centaines de manifestants ont été empêchés d’accéder à la place Taksim par les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue à Istanbul et dans plusieurs régions de Turquie pour protester contre l’offensive inhumaine et délirante du gouvernement AKP. Il ne s’agit pas d’un « printemps turc » comme les médias occidentaux aiment à le définir. Ce mouvement qui monte prend un caractère antifasciste et laïque pour la liberté absolue de conscience. Il est étroitement lié à l’islamisation rampante de la vie publique. Ainsi, il diffère des autres soulèvements au Moyen-Orient.